Par définition, un vélo électrique permet de rouler plus facilement et donc plus vite, plus loin et plus régulièrement. On a beaucoup parlé du moteur et de la batterie qui forment un ensemble au cœur du fonctionnement du VAE. On parle moins souvent de ce qui nous arrête : les freins. Pourtant, un vélo électrique est plus lourd, et roule plus vite en moyenne, qu’un vélo musculaire. Le système de freinage subit des contraintes bien plus fortes au quotidien.

Le facteur poids : l'inertie en mouvement

Pour comprendre pourquoi un vélo électrique est une « machine » différente à arrêter, il faut regarder ce qui se passe au niveau de l'énergie. Tout objet en mouvement possède une énergie cinétique (l'énergie de son élan). Elle se calcule en fonction de la masse et de la vitesse.

Prenons un exemple concret pour comparer un vélo classique et un VAE, avec un cycliste de 75 kg roulant à 25 km/h (environ 7m/s) :

  • Vélo classique (12 kg) : Masse totale = 87 kg.
  • Vélo électrique (25 kg) : Masse totale = 100 kg.

Rien qu'avec le poids du vélo, il y a environ 15% d'énergie en plus à dissiper pour le VAE. Mais ce n'est pas tout : comme l'assistance électrique permet de maintenir les 25 km/h beaucoup plus facilement (même en montée ou avec du vent de face), on transporte cette énergie supplémentaire quasiment tout le temps.

Le rôle des freins : transformer l'énergie en chaleur

Freiner, ce n'est pas "annuler" le mouvement, c'est transformer l'énergie cinétique en chaleur par friction.

Quand les plaquettes serrent le disque, elles créent une friction intense. Sur un VAE, comme il y a plus d'énergie au départ, les freins vont générer beaucoup plus de calories. Le danger à anticiper est que si les freins sont sous-dimensionnés, ils surchauffent. Un frein qui surchauffe perd son efficacité (c'est le phénomène de fading). C'est pour cela que les VAE utilisent des disques plus épais et des pistons plus larges.

La force de freinage nécessaire est directement liée à la distance nécessaire pour s'arrêter. Si on veut s'arrêter sur la même distance qu'un vélo léger, on doit appliquer une force de pression bien supérieure sur les disques.

En résumé : Le VAE est un "poids lourd" par rapport au vélo standard. Si on garde les freins d'un vélo de route ultra-léger sur un VAE de 25 kg, ils vont s'user prématurément et risquent de "mollir" au moment où tu en as le plus besoin, car ils ne pourront pas évacuer la chaleur assez vite.

Pour apprendre à entretien votre vélo vous-même, suivez le tuto en ligne de Théo : Comment changer les plaquettes de freins sur un vélo électrique ?

Le facteur vitesse : on roule plus vite, plus longtemps 

En ville, en montée ou même sur le plat, un cycliste en vélo électrique reste souvent proche des 25 km/h grâce à l’assistance, comparé à un cycliste de vélo musculaire dont la vitesse fluctue beaucoup plus fréquemment sur son trajet.

Et à cette vitesse élevée, chaque seconde de réaction compte, d’où l’important de freins de qualité pour réduire la distance de freinage d’urgence. De plus avec un vélo électrique, on freine plus fort et plus souvent, parce qu’il est beaucoup plus facile de relancer le vélo avec l’assistance électrique.

Les différents types de freins 

Il est important d'expliquer pourquoi certains freins sont plus adaptés que d’autres en fonction du type de vélo. Les freins à patins sont souvent insuffisants par rapport au poids d’un vélo électrique, surtout sous la pluie. Les freins à disques mécaniques sont un bon compromis mais demandent un entretien et des réglages fréquents.

Alors pourquoi est-ce que les freins hydrauliques sont le meilleur choix pour des vélos électriques ?

Dans un système hydraulique, on n'utilise pas un câble qui s'étire, mais un liquide incompressible. Avec le système de pistons, la force exercée avec votre doigt est multipliée de manière impressionnante au niveau des plaquettes. C’est ce qui rend les freins hydrauliques si puissants.

Exemple de changement de plaquette de freins.

De plus, comment avec l’hydraulique il n’y a quasiment aucune friction interne, on peut doser le freinage au millimètre près. C’est un élément primordial avec un vélo électrique pour éviter de bloquer les roues sur une chaussée humide, ou bien avec un vélo lourd lancé à haute vitesse. Cela permet d’avoir un plus grand contrôle que ce soit de la simple décélération jusqu’à l’arrêt d’urgence.

Ensuite, avec un vélo électrique les trajets sont souvent plus longs. On économise ainsi les efforts du cycliste, qui n’a plus qu’à utiliser un seul doigt sur chaque poignée.

Enfin, le système de freinage est totalement fermé. Là où un câble peut rouiller, s'encrasser de boue ou geler en hiver, le circuit hydraulique reste fluide et efficace quelles que soient les conditions météo. C'est un gage de fiabilité indispensable pour un vélo qu'on utilise quotidiennement pour se rendre au boulot. 

L'entretien : La clé de la survie 

Un frein sur VAE s'use 2 à 3 fois plus vite que sur un vélo musculaire. Il faut donc surveiller très régulièrement l’épaisseur de la plaquette des freins, ainsi que l’usure du disque. Mais aussi bien penser à purger les freins pour éviter que le levier ne devienne « mou ». Pour en savoir plus, suivez la vidéo de Théo : comment purger les freins hydrauliques d'un vélo électrique ?

Chez Rutile, nous proposons des forfaits d’entretien adapté à votre utilisation, dans nos showroom. Contactez-nous pour en savoir plus. 

En conclusion, investir dans de bons freins, c’est investir dans sa propre sécurité et celle des autres. C’est un composant qui s’use rapidement et donc l’impact est très importants. N’attendez pas que les freins « grincent » pour vous en occuper.

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