Le vélo de fonction est en train de s’imposer comme un outil clé de mobilité durable en entreprise. Au-delà de l’aspect écologique, il s’agit d’un avantage concret pour les salariés, qui permet de réduire l’empreinte carbone des trajets domicile-travail, d’améliorer la santé et le bien-être au quotidien, et de renforcer l’image de l’entreprise. Les dispositifs de vélo de fonction sont donc de plus en plus prisés par les entreprises soucieuses de leur responsabilité sociale et environnementale (RSE), mais leur mise en place soulève encore de nombreuses questions pratiques : par où commencer, quel modèle choisir, comment encadrer l’usage, et quels dispositifs administratifs mettre en place ?
Comprendre l’intérêt du vélo de fonction
Installer un vélo de fonction ne se limite pas à mettre quelques vélos à disposition. Il s’agit d’intégrer une vraie stratégie de mobilité durable. Les entreprises qui adoptent ce dispositif constatent une réduction notable des déplacements en voiture, contribuant directement à la diminution des émissions de CO2. Pour les salariés, le vélo de fonction est un avantage tangible et utile, souvent mieux perçu qu’un simple bonus financier ou un dispositif abstrait. Il peut également s’inscrire dans une politique RH, en renforçant l’attractivité de l’entreprise et en favorisant la fidélisation des équipes.
En parallèle, le vélo de fonction peut compléter un plan de mobilité employeur, une démarche de RSE ou encore s’articuler avec des initiatives locales en faveur des déplacements doux.

Démarrer par un diagnostic simple
Avant d’acheter des vélos ou de choisir un prestataire de leasing, il est essentiel de comprendre les besoins réels des salariés. Un questionnaire interne rapide suffit souvent à identifier les trajets domicile-travail, la distance moyenne, les obstacles potentiels à l’usage du vélo et le niveau de motivation des employés.
Il n’est pas nécessaire d’équiper tous les collaborateurs dès le départ : un petit groupe de volontaires peut suffire à lancer la dynamique. Ces premiers utilisateurs permettent de créer un effet d’entraînement et de convaincre progressivement d’autres salariés. Ce diagnostic initial permet aussi de définir si le vélo de fonction sera proposé à tous, à certaines équipes spécifiques, ou s’il vient en complément d’autres solutions de transport.
Choisir la formule économique adaptée
Deux grandes options s’offrent aux entreprises pour équiper leurs salariés : l’achat direct ou le leasing.
L’achat direct permet un contrôle total sur le matériel et la gestion des vélos, mais implique un investissement initial et l’organisation de l’entretien en interne. Cette formule peut convenir aux structures disposant déjà d’une équipe logistique capable de gérer les vélos.
Le leasing, de son côté, séduit de plus en plus les entreprises. Il permet d’étaler les coûts, d’inclure maintenance et assurance, et de déléguer la gestion administrative à un prestataire spécialisé. Une PME de 30 salariés peut, par exemple, commencer avec 5 à 10 vélos en leasing pour les volontaires, et élargir le dispositif au fil de l’année en fonction de la demande et des retours d’expérience. Cette approche progressive limite les risques financiers et organisationnels, tout en testant l’efficacité du dispositif dans l’entreprise.
Choisir le vélo adapté
Le choix du type de vélo doit être guidé par l’usage prévu. En milieu urbain, les vélos à assistance électrique (VAE) sont souvent privilégiés, car ils permettent d’arriver au travail sans effort excessif ni transpiration. Les vélos cargos peuvent répondre à des besoins professionnels spécifiques ou au transport d’enfants, tandis que les vélos classiques restent adaptés aux trajets plus courts ou aux utilisateurs expérimentés.
Il est recommandé de privilégier des modèles robustes, polyvalents et confortables, facilement ajustables pour s’adapter à différents utilisateurs. Des éléments comme la selle réglable, le guidon modulable et les accessoires modulables (porte-bagages, sacoches, antivols) sont essentiels, surtout si le vélo est partagé entre plusieurs salariés.
Encadrer l’usage du vélo de fonction
Mettre un vélo à disposition nécessite un cadre clair et formalisé. Une charte ou un avenant au contrat de travail permet de préciser les conditions d’utilisation, les responsabilités en cas de vol ou de dégradation, et les règles fiscales pour maintenir les avantages liés à l’usage professionnel.
En général, l’entretien et l’assurance du vélo sont pris en charge par l’entreprise ou inclus dans le contrat de leasing. Ces mesures garantissent aux salariés une utilisation sécurisée et sans souci. Le respect de ces règles permet également de sécuriser juridiquement le dispositif et de limiter les risques de litiges.

Accompagner les salariés et faciliter l’usage
Le succès d’un vélo de fonction dépend de l’accompagnement des salariés. Proposer des formations pratiques, comme des sessions de remise en selle, peut rassurer ceux qui manquent d’expérience. La mise à disposition d’infrastructures adaptées, comme des parkings sécurisés, des vestiaires ou des douches, augmente l’adhésion au dispositif et répond aux inquiétudes liées à la transpiration ou à l’habillement.
Il peut également être utile de fournir quelques outils de maintenance de base, comme des pompes, clés et kits de réparation, et un espace pour la recharge des batteries des VAE. Une communication régulière, des retours d’expérience et des petits challenges internes peuvent renforcer la motivation des salariés et valoriser la pratique du vélo.
Certaines entreprises organisent même des séances d’essai sur site en collaboration avec des vélocistes, permettant aux employés de tester différents modèles et de poser toutes leurs questions avant le déploiement officiel du dispositif.
Un dispositif évolutif et adaptable
Le vélo de fonction n’est pas figé. Le dispositif peut évoluer selon les besoins et la demande des salariés : intégrer de nouveaux modèles, augmenter le nombre de bénéficiaires, ou s’articuler avec d’autres solutions de mobilité comme les transports en commun, le covoiturage ou les forfaits mobilités durables.
L’essentiel est de progresser étape par étape, en s’appuyant sur le retour des premiers utilisateurs et en ajustant le dispositif pour qu’il reste adapté aux trajets et aux profils des salariés. Un déploiement progressif et réfléchi permet de maximiser l’efficacité du vélo de fonction tout en limitant les coûts et les contraintes logistiques pour l’entreprise.
